LA PRESSE: Flaire et savoir-faire pour percer sur le marché chinois

(L’article original a été publié dans LA PRESSE )

 

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LA GASPÉSIE DÉBARQUE EN CHINE

Si c’est grâce à son savoir-faire que Cinco a pu se démarquer sur le marché chinois, c’est le flair de Philippe Wang qui lui a permis de faire de même. Ce Québécois d’origine chinoise et sa fille Lory ont décidé d’exploiter une matière première de la mer gaspésienne qui était jusqu’à encore tout récemment honnie de tous les pêcheurs du littoral.

Le concombre de mer gaspésien, baptisé « concombre de mer nordique », fait partie d’une classe d’animaux marins issue de la grande famille des étoiles de mer. Une bibitte à l’allure peu ragoûtante, à la limite repoussante, que les pêcheurs récoltaient dans leurs filets par accident et qui prenait le chemin des déchets.

Pourtant, le concombre de mer est un mets hautement apprécié en Asie, particulièrement en Chine, où il est consommé depuis des centaines d’années. Ç’a été longtemps le mets de prédilection des empereurs.

Il est apprécié pour sa texture, pour ses qualités nutritives mais aussi pour la grande vitalité que sa consommation peut générer. On l’appelle aujourd’hui « le Viagra de la mer »…

Il y a deux ans, en rendant visite aux pêcheurs de hauts-fonds gaspésiens sur les quais du port de Rivière-au-Renard, j’ai croisé certains d’entre eux qui transbordaient des caisses pleines de ce mollusque bizarroïde. « Avant, on les jetait, là, on les pêche et puis on les envoie en Chine », m’avait expliqué l’un de ces convertis.

Lory Wang a vu le potentiel des réserves gaspésiennes et a décidé d’exploiter le concombre de mer nordique en vue de l’exporter sur le marché chinois.

Aujourd’hui, Artic Food Canada récolte et exporte annuellement 50 tonnes de concombre de mer vers la Chine. Cette nouvelle activité a complètement réactivé les opérations de l’usine de transformation de poisson du village gaspésien de Cloridorme, qui était en plein déclin.

 

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